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Jean-Paul WAHL

Au fond de la question

Louvain-la-Neuve deviendra une Intelligence Valley pour les entreprises chinoises

22/06/2015 - économie - Louvain-la-neuve

L’UCL, l’AWEX, Juxing International et l’IBW. Quatre partenaires pour mettre sur pied le premier complexe d’incubateurs chinois en Europe, le China-Belgium Technology Center (CBTC), sis à Louvain-la-Neuve. Ce complexe de 5 incubateurs, sur 90.000 m², sera édifié d'ici deux ans, pour une ouverture en 2017. L’objectif de cet ensemble d’incubateurs ? Permettre aux entreprises hi-tech chinoises d’appréhender le marché européen tout en développant leurs technologies. Et côté belge ? Faciliter la compréhension et l’accès au marché chinois et favoriser des partenariats technologiques, en permettant aux entreprises belges de côtoyer des entreprises au profil similaire, dans une approche mutuellement profitable.

Le CBTC est un projet initié en 2010 par Wuhan East-Lake Hi-Tech Innovation Center (WHIBI) avec le parc scientifique de l’UCL, grâce aux contacts et réseaux de l’Awex. Ont également soutenu la réalisation de ce centre, la Région wallonne, l’IBW, le Forem, le SPF Finances, la Province et la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve.


WHIBI est un expert dans la gestion d’incubateurs : depuis 1987, le pionnier chinois en incubation a accompagné 1 200 entreprises qui ont créé 70 000 emplois dans ses 7 parcs d’incubation high-tech, eux-mêmes déployés dans un vaste réseau de villes renommées telles que Wuhan (où se situe le siège de WHIBI), Pékin, Suzhou, Guangzhou et Chengdu.

Avec le CBTC, Louvain-la-Neuve et l’UCL deviendront une Intelligence Valley pour les entreprises chinoises. Situé entre la nationale N4 et l’autoroute E411, le terrain qui accueillera le CBTC comprendra cinq incubateurs où pourront se développer des entreprises chinoises de haute technologie dans les domaines des bio et nanotechnologies, de l’informatique et télécommunications, de l'optoélectronique et du développement durable (ingénierie verte et nouveaux matériaux).


Le CBTC, qui coûtera 200 millions d’euros, abritera sur un terrain de 8,3 hectares, outre les cinq incubateurs, des bureaux, des laboratoires, des salles de conférences, un restaurant ainsi qu’un hôtel de 160 chambres, destiné à loger les expatriés chinois en court séjour. Soit 90.000 m² d’infrastructures. Trois immeubles de logements seront également construits, sur trois sites distincts, à Louvain-la-Neuve. Ils seront accessibles à tous, tant Chinois que Belges. A terme, le site du CBTC devrait voir arriver progressivement entre 450 à 600 travailleurs chinois.

 

En termes d’emplois, le CBTC devrait fournir un minimum de 1.500 postes, avec une proportion de 40 % d’emplois pour les Chinois et 60 % d’emplois pour les Belges. Tant Belges que Chinois travailleront donc au CBTC. Pour les entreprises chinoises, dans un premier temps, seuls le patron et quelques cadres détachés (expatriés court-terme) se rendront à LLN, pour lancer le business. Mais la volonté est d'engager très rapidement du personnel belge, à l'instar des autres entreprises chinoises qui ont investi en Europe. De plus, le CBTC est ouvert aux entreprises belges qui ont déjà une présence ou une volonté confirmée d’investiguer le marché chinois.

Ce centre technologique a pour objectif d’attirer et accompagner les entreprises chinoises hi-tech dans leur approche du marché européen à travers une localisation en Belgique, dans le parc scientifique de l’UCL. Par ailleurs, leur installation dans le parc scientifique facilitera les interactions avec des entreprises belges et rendra la concrétisation de partenariats plus aisée. Il s'agit en effet de promouvoir l'innovation ouverte, c'est-à-dire la collaboration entre des entreprises de taille moyenne pour parvenir à développer de nouveaux produits.


Le CBTC fonctionnera également sur base du principe de l’incubation croisée. D’une part, il favorisera les accords scientifiques, technologiques et d’affaires entre les entreprises chinoises et les laboratoires, centres de recherche et entreprises belges ; et d’autre part, il ouvrira le marché chinois aux entreprises wallonnes.

Les barrières linguistiques et culturelles - qui se ressentent tant dans la façon de travailler que de raisonner - sont des obstacles rendant difficile la prospection classique en Chine. Il faut entre autres du temps, des relations, des interprètes initiés au secteur d’activité et une enveloppe budgétaire conséquente pour assurer des missions récurrentes à l’étranger.


En s’installant dans le CBTC, les entreprises belges qui souhaitent développer un business avec la Chine pourront y développer le relationnel essentiel à tout commerce avec l'Empire du Milieu. En outre, ils bénéficieront de la large filière du réseau d'incubateurs de WHIBI dans 5 des plus grandes villes chinoises. Pour les entrepreneurs belges, c'est une approche qualitative avec davantage d'accompagnement, moins de risque financier, et donc plus de chances de réussite.


Dans l’attente de la construction du CBTC, les Chinois disposent déjà de 5.000 m² de bureaux dans le parc scientifique de l’UCL pour accueillir les premières sociétés chinoises. A ce jour, une cinquantaine de sociétés sont déjà venues prospecter à LLN et 5 d’entre elles ont déjà fait le choix de s’y installer.

 

Les Chinois ont choisi la Belgique pour sa situation au centre de l’Europe, pour son sens du compromis, son pragmatisme et sa flexibilité. La proximité de Louvain-la-Neuve avec Bruxelles, le centre de décision européen, est un des arguments. La présence de l’UCL, l’une des universités les plus anciennes d’Europe, la mieux classée dans les rankings côté francophone, est un autre atout (les Chinois privilégient les collaborations avec les universités internationales bien cotées). Un autre point fort est la situation de la Belgique : au centre de l’Europe et à la frontière des deux principaux marchés européens (la France et l'Allemagne). Aussi, tant la superficie du terrain (8,3 hectares) que la situation au cœur d'un parc scientifique (UCL) comblent leurs attentes.