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On en a assez des fanfaronnades du bourgmestre empêché de Perwez, le petit Donald Trump du Brabant wallon… quote
Jean-Paul WAHL

Au fond de la question

Le Brabant wallon a aussi son héros (malchanceux) des JO

06/08/2012 - culture/loisirs/sports/medias - Rixensart

En cette période olympique, il est bon de se rappeler parfois que des Brabançons wallons ont eux aussi marqué l'histoire des JO. C'est ainsi qu'Yves Vander Cruysen, dans son ouvrage "Un siècle d'histoires en Brabant wallon", nous raconte l'aventure d'Etienne Gailly, de Genval, aux JO de Londres en 1948.

Le 7 août 1948, Etienne Gailly participe à son premier marathon. Sur les conseils de son entraineur, il décide de faire la course en tête. Pour imposer son rythme. Au dixième kilomètre, il a ainsi déjà dix secondes d’avance sur les favoris. Au vingt-cinquième kilomètre, c’est avec 40 secondes d’avance qu’il se présente. Sept kilomètres plus loin, il est cependant rattrapé par le coréen Yun-Chill Choi, les argentins Guinez et Delfo Cabrera et le Gallois Thomas Richards. Mais il en faut plus pour décourager le Brabançon wallon. Un à un, au prix d’un effort considérable, il va dépasser ses challengers. A l’entrée du tunnel menant au stade de Wembley, il est donc à nouveau en tête. Avec, qui plus est,  une confortable avance. Puis, c’est le drame. Victime d’un terrible coup de barre, Etienne Gailly sort du tunnel en titubant. C’est à peine s’il tient encore debout. Le stade est médusé. Les 24.000 spectateurs sont debout. Gailly fait presque du sur place. Au bord de l’évanouissement, à 250 mètres de la ligne d’arrivée, il se fait doubler par l’argentin Delfo Cabrera. Sans le moindre regard. Sans la moindre compassion. Puis c’est au tour de Richards de le dépasser.  Les secondes qui passèrent ensuite pour atteindre la ligne d’arrivée durèrent pour Gailly une éternité.  A 30 mètres de la ligne, notre homme est à l’arrêt. Il ne peut plus avancer. Il faudra tous les cris de son entraineur pour le pousser à terminer sa course, arrachant tout de même la médaille de bronze.

On ne le verra toutefois pas sur le podium. Epuisé, il fut immédiatement hospitalisé, devenant néanmoins pour l’histoire olympique « le héros malchanceux de Wembley ».

Le Genvalois rêva toute sa vie de revanche. Vainqueur du prestigieux marathon de Rome en 1949, il se prépara activement pour les Jeux Olympiques de 1952. Mais la guerre de Corée en décida autrement. Lieutenant parachutiste de métier, Gailly rejoignit son bataillon en Extrême-Orient. Le 13 octobre 1951, il marcha sur une mine. Blessé au pied, il dut mettre un terme à sa carrière d’athlète … même si, durant sa longue convalescence à Tokyo, il tenta de courir avec ses béquilles !

Etienne Gailly disparut le 21 octobre 1971, fauché par une voiture alors qu’il circulait à vélo sur la route reliant Nivelles à Waterloo.

(Extrait de « Un siècle d’histoires en Brabant wallon, par Yves VANDER CRUYSEN)